TENDANCES – Automne-Hiver 2021/2022

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Les analyses des tendances des prochaines saisons restent mes articles préférés. Même s’ils demandent de se projeter dans les mois à venir, il est toujours intéressant d’étudier la mode de “demain”. Les deux dossiers précédents – à lire ici et ici – résumaient des looks, des produits, des imprimés marquants voire iconiques. Pour celui-ci il s’agit plus d’un rapport qui met en lumières 4 tendances analysées pendant les Fashion Weeks . Chacune englobe ensuite plusieurs silhouettes, volumes, textures et couleurs qui feront la saison Automne-Hiver 2021/2022.

On n’y pensait même pas il y encore quelques mois mais les marques / maisons / designers de mode ont dû une nouvelle fois se réinventer pour présenter leur collection et leurs visions de l’Automne-Hiver 2021/2022. A travers des court-métrages, des défilés en comité restreint, l’utilisation de la réalité augmentée, les créateurs s’ancrent à la fois dans la réalité tout en nous transportant dans un monde où distanciation, gestes barrières et craintes n’existent pas. 

La saison prochaine va être électrisante. Liberté et célébration peuvent résumer à eux seuls l’ambiance ressentie pendant les 231 collections présentées entre New York, Londres, Milan et Paris.

On ressent un certain mouvement depuis l’année dernière. Le début de la décennie appelle aux révolutions profondes dans les manières de penser, de produire, de consommer, de parler aux nouvelles générations. Le prêt-à-porter se veut plus pratique, respectueux du monde, moins codé et plus inclusif. Il se veut libre et vient célébrer tous les individus.

De ce fait, la gamme de couleur exprime un arc-en-ciel d’espoir et de joie. On retrouve un pêle-mêle de couleurs pragmatiques imprégné de couleurs vives et lumineuses.

Protection – Gender Games – Optimisme – Soft Feminine

Protection

Ce mot n’a jamais autant résonné que pendant ces temps de crise sanitaire. Au delà de se protéger d’un virus, les vêtements reprennent leur vocation première : de protéger l’individu de son environnement. La saison froide associée à une certaine crainte de contamination ont inspiré les créateurs. Ainsi tous les codes de l’hivers sont réinterprétés pour assurer protection, confort et chic. 

Après une année blanche, le ski fait une entrée remarquée au centre les collections. Les classiques du skieur sont à l’honneur chez Miu Miu, Chanel ou Balenciaga qui ont fait le choix d’intégrer le tricot ultra coloré et douillet dans leur collection.

Prada, Alberta Ferretti, Kenzo ou encore Rick Owens réinterprètent la fameuse combinaison ou « catsuit ». En version sport chic, elle nous rappelle nos séjours au sport d’hiver. Ultra sexy, elle dévoile la Catwoman qui sommeille en nous. 

L’éternelle doudoune ultra-gonflée, sa petite soeur se fait une place bien méritée: la veste matelassée. Balmain s’inspire du vestiaire militaire. Celine joue la carte de l’élégance avec des vestes matelassées. Christian Dior impose son logo sur le matelassée pour un effet couture.

Plus facile à porter, on retrouve la parka, le manteau en fausse fourrure ou les par-dessus, les mitaines et la cagoule. Les pièces outdoor sont des essentiels, réinterprétés à l’infini, mais cet hiver le maitre mot c’est protection alors on joue sur le volume XXL. Que ce soit en version fausse fourrure comme si on allait passer les vacances à Saint-Moritz comme chez Givenchy ou Coperni, version sportswear chez Balenciaga, Louis Vuitton ou Mame Kurogouchi pour se protéger d’une avalanche, la pièce outdoor prend une place extrême (parfait pour les distanciations)

Le confort est toujours de mise mais avec élégance. Le total look maille a fait une entrée remarquée dans le loungewear mais s’impose pour cette saison. Il vient réchauffer tout en restant couture. Fendi, Christian Wijnants ou Jonathan Simkhai enveloppent le corps de belles mailles. On dévoile une épaule, joue avec les boutons du cardigans ou les volumes. Protégé oui mais avec sensualité. 

Gender Games

Plus gender fluid que jamais, la saison Automne-Hiver 2021/2022 fait la part belle à l’allure féminine/masculine. Au menu : manches extra longues, des coupes XXL, du denim brut, More is More dans le tailoring…

Les manches extra-longues sont inspirées de l’époque grunge. Elles reflètent une attitude à la fois dure mais vulnérable. Les manches longues chez Acne Studios ou Balmain offre une élégance plutôt distante. La peau des poignets et des mains est cachée. Moulantes comme on a pu le voir chez Burberry elles emmènent chic et sensualité. Plus amples, c’est un style nonchalant voire désinvolte. 

AMI vient superposer chemises droites, pull doudou sans marches, gilet cocon sous des vestes tailleurs oversized, puis ajoute un manteau masculin. On laisse les sneakers et les bottes, et comme Prada ou Annakiki on finalise le look tailored on tailored avec des mocassins ou autres chaussures masculines. 

A l’inverse, Chanel, Vetements, Fendi ou Budapest Select jouent sur les genres et cassent le pantalon large de costumes avec des vestes, top ou pull cropped. La profusion de textile sur le pantalon et le court offre un jeu de volume intéressant. Comme une valeur sûre. 

Depuis quelques semaines, un débat sur le skinny jeans a éclaté entre Millennials et Génération Z. Pour la prochaine saison, les créateurs ont tranché et se sont tournés vers le denim bleu indigo, à la coupe large et ample et le plus brut possible. En total look ou superposé d’un hoodie ou d’une chemise droites, le denim XXL offre un style boyish et confortable. Aussi confortable qu’un sweatpants. 

Optimisme 

Avant de parler vêtements, une vague d’optimisme et d’amusement à submerger les créateurs. Pour présenter leur collection, Alexandre Vauthier, Lanvin entre autres ont mis en scène des performances artistiques, des soirées enivrantes, toujours avec le thème récurrent de la danse, synonyme de liberté et de mouvement. Coperni s’est offert la salle de concert Paris-Bercy pour un drive-in version clubbing etc…

Cette envie d’optimise passe par une profusion de couleurs. La couleur est vu comme une thérapie. Ici les teintes sont saturées, acidulées. Elles viennent décaler un manteau sage chez Prada. Patou associe les couleurs rouille et lavande. Weinsanto s’éprend du rose shocking. Il n’y a plus de règles. Le maître mot : joie de vivre. La color therapy est utilisée soir en patchwork de couleurs soit par une explosion d’imprimés comme chez Casablanca ou Loewe.

Depuis plus d’un an, les clubs ont tiré le rideau. Ce qui n’empêchent pas certains créateurs d’avoir toujours le sens de la fête. Paco Rabanne appelle filles et garçons à se libérer. Les robes du soir sortent du placard que ce soit chez Isabel Marant ou Chanel. Les années 80 et l’explosion du disco inspire Givenchy, Alberta Ferretti, Balmain ou encore Valentino qui osent les totals looks chatoyants. On brille d’opulence. 

L’avenir est brillant, audacieux et prêt à attirer l’attention. Les créateurs de mode sont là pour annoncer ce message. Beaucoup ont présenté des collections aux imprimés sauvages et merveilleux comme Thebe Magugu et Victoria Beckham. D’autres ont fait le choix de formes abstraites, géométriques comme le losange, mis à l’honneur chez Casablanca. À l’automne, nous allons nous libérer du gris et des tons neutres, et apporter un peu de dynamisme dans nos vies.

Autre décennie synonyme de célébration : les Années Folles ont inspiré Khaite, Atlein, Loewe ou encore Fendi. Le corps n’est pas entravé mais se mouve dans un tissu fluide, délicat. De quoi danser jusqu’au bout de la nuit. Khaite dévoile des Flapper Dress dans des soies et dentelles, ultra chics et sophistiquées. Dries Van Noten s’approprie cette robe iconique avec sa présentation dansée. 

Soft feminine 

La pandémie a affecté les femmes, c’est indéniable. Le pouvoir féminin est un grand thème pour cette saison. 

Les tendances de la bourgeoise, l’invasion du corset ultra sexy et l’influence dominatrix ont laissé place à une féminité plus douce. Soft feminine est porté par une explosion de lilas, de mini, de fluidité et de transparence.

Le lilas est la couleur ultra-désirable pour cette saison. Elle apporte good mood, de quoi raviver l’éclat pendant les jours de pluie. Emilio Pucci se l’est approprié en revisitant la tombe taille empire. Un parti pris ultra-romantique. Associée chez Givenchy à une robe fourreau, la couleur lilas adoucie le style femme fatale pour une élégance mystérieuse.

Pour celles qui préfèrent le court. La mini-jupe laisse apercevoir des jambes affutées. Giambattista Valli associe la mini-jupe avec des silhouettes un brin preppy. Coperni et Courrèges, légèrement nostalgiques, nous transportent dans les 60’s. Epoque où l’iconique mini-jupe a révolutionné la mode, remué les sociétés et libéré les femmes  

La mini-jupe est au contraire réinterprétée avec des franges.

Depuis quelques saisons, la frange envahie les collections. J’en avais d’ailleurs dans cet article. Les créateurs ne s’en lassent pas pour cette prochaine saison Tout aussi sexy, les franges révèlent des jambes de guerrières chez Thebe Magugu. Elles adoucissent la femme fatale chez N°21. Fendi l’associe à sa mini robe transparente.

Cette douceur, cette sensualité subjective, ce romantisme poussé mais assumé sont initié par la série remarquée : Les Chroniques de Bridgerton.

On trouve des robes transparentes, un jeu de texture, des broderies confectionnés de paillettes, des noeuds, du satin comme chez Simone Rocha ou Giambattista Valli de nouveau. Les créateurs portent un message au monde. Il est question de créer des vêtements pour une femme confiante. Chacun d’entre eux a une façon d’exprimer le pouvoir féminin. Le romantisme est exagéré, affirmé haut et fort, comme le punk.

fhcm.paris

cameramoda.it

britishfashioncouncil.co.uk

cfda.com

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